Loi 25 et outils IA : conformité et obligations au Québec




Loi 25 et outils IA : guide de conformité pour les entreprises

Rédigé par Ulysse Berthelot : Co-Fondateur & Président de iaba. Mis à jour le . Temps de lecture : environ 10 minutes.

Tableau de bord de conformité Loi 25 et outils IA pour entreprises
Déployer un outil IA au Québec impose un cadre précis de conformité à la Loi 25.

Déployer ChatGPT, Copilot ou un chatbot maison au Québec sans passer la Loi 25 au crible, c’est jouer avec des sanctions pouvant atteindre 25 millions de dollars canadiens. Voici ce qu’un dirigeant doit vraiment vérifier avant d’appuyer sur « publier ».

  • La Loi 25 s’applique dès qu’un outil IA traite un renseignement personnel d’un citoyen québécois, même si le siège social est en France.
  • Une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée (EFVP) est obligatoire avant tout déploiement d’un système IA sensible ou transférant des données hors Québec.
  • Les sanctions administratives peuvent grimper jusqu’à 10 millions de dollars canadiens ou 2 % du chiffre d’affaires mondial, et les sanctions pénales jusqu’à 25 millions ou 4 %.

La Loi 25 du Québec s’applique obligatoirement dès qu’un outil d’intelligence artificielle traite des renseignements personnels. Pour être conforme, une entreprise doit réaliser une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée (EFVP), obtenir un consentement explicite, garantir la transparence lorsqu’une décision est fondée sur un traitement automatisé, et désigner un responsable de la protection des renseignements personnels.

Avertissement. Cet article n’est pas un avis juridique. Chaque situation est spécifique : consultez un avocat spécialisé en protection des renseignements personnels ou la Commission d’accès à l’information du Québec pour valider votre cas.

Pourquoi la Loi 25 encadre l’utilisation de l’IA au Québec ?

La Loi 25 encadre l’IA parce qu’elle modernise le régime québécois de protection des renseignements personnels dans le secteur privé (chapitre P-39.1), en imposant transparence, consentement et gouvernance à toute technologie qui traite de la donnée nominative, y compris les modèles d’intelligence artificielle générative.

Officiellement nommée « Loi modernisant des dispositions législatives en matière de protection des renseignements personnels », elle est entrée en vigueur par phases entre 2022 et 2024. Sa mise en application relève de la Commission d’accès à l’information (CAI), qui a publié des principes spécifiques pour l’IA générative et mené, avec ses homologues canadiens, une enquête sur OpenAI qui a débouché sur des engagements précis.

Loi 25 La Loi 25 est la loi québécoise qui modernise la protection des renseignements personnels en imposant, dès 2022, de nouvelles obligations aux entreprises privées : consentement explicite, EFVP, transparence des décisions automatisées, notification des incidents de confidentialité à la CAI, et sanctions administratives et pénales sévères.
25 M$Sanction pénale maximale (CAD)
4 %du CA mondial (plafond alternatif)
72 hNotification d’incident recommandée
1Responsable RPRP obligatoire

Qui est concerné par la Loi 25 ?

Toute entreprise qui collecte, utilise ou communique des renseignements personnels sur des personnes résidant au Québec est concernée par la Loi 25, peu importe où se trouve son siège. Un e-commerce français qui vend à Montréal, un SaaS américain avec des utilisateurs à Québec, une PME de Laval avec un CRM : tous doivent s’y conformer.

Le critère déclencheur n’est pas la nationalité de l’entreprise, c’est le fait de traiter des données de citoyens québécois. Un simple formulaire de contact qui capte un nom et un courriel suffit à activer la loi. Les outils IA (chatbot, scoring, recommandation, génération de contenu personnalisé) sont couverts dès qu’ils manipulent ces données.

Loi 25 et RGPD : quelles différences pour l’IA ?

La Loi 25 et le RGPD partagent la même philosophie mais divergent sur trois points opérationnels pour l’IA : le seuil de notification des incidents à la CAI (« risque de préjudice sérieux » vs « risque élevé »), l’obligation stricte d’une EFVP avant tout transfert hors Québec, et le droit explicite d’obtenir les principaux paramètres d’une décision automatisée.

Loi 25 et outils IA : comparaison synthétique avec le RGPD
Critère Loi 25 (Québec) RGPD (Union européenne)
Champ d’application Résidents du Québec Résidents de l’UE
Autorité de contrôle Commission d’accès à l’information (CAI) CNIL et homologues européens
Analyse d’impact EFVP obligatoire (transferts hors Québec, systèmes sensibles) AIPD si risque élevé
Sanction max (pénal) 25 M$ CAD ou 4 % du CA mondial 20 M€ ou 4 % du CA mondial
Décision automatisée Info obligatoire + droit aux paramètres Art. 22 : opposition + intervention humaine
Responsable Responsable RPRP (par défaut : PDG) DPO dans certains cas

Pour une entreprise française déjà conforme au RGPD, la marche est franchissable : 70 à 80 % des chantiers sont mutualisables. Mais les 20 % restants (mécanique de consentement, notation d’incident, désignation du responsable RPRP au REQ) doivent être refaits pour le Québec.

Que dit la loi sur l’IA et la protection des données ?

La Loi 25 ne cite pas le mot « intelligence artificielle », mais elle règle son sort en imposant transparence sur toute décision automatisée et consentement explicite pour toute collecte de renseignements personnels traités par un algorithme. La CAI a publié en 2024 des principes directeurs pour l’IA générative qui précisent l’application concrète du texte.

Schéma décisionnel pour la conformité Loi 25 et intelligence artificielle
Schéma décisionnel en cinq étapes pour valider la conformité d’un outil IA à la Loi 25.

Comment le règlement réglemente-t-il l’utilisation de l’IA ?

Le règlement impose d’informer la personne concernée lorsqu’une décision est prise exclusivement sur la base d’un traitement automatisé, et lui accorde le droit de connaître les principaux paramètres de cette décision. C’est l’article 12.1 de la loi P-39.1, dispositif central dès qu’un scoring, un tri de CV ou une recommandation IA affecte concrètement une personne.

Concrètement : si un modèle refuse un crédit, un logement ou une candidature, l’utilisateur doit pouvoir demander sur quels critères, et exiger une révision humaine. Le silence de l’entreprise sur ces mécaniques est une non-conformité directement sanctionnable.

Que dit la loi sur l’IA au sens large ?

Aucune loi québécoise n’encadre spécifiquement l’IA en tant que technologie ; elle est régulée par ricochet via la Loi 25 sur les données et, à venir, via la Loi canadienne sur l’IA et les données (LIAD, projet C-27). Le Québec s’appuie donc sur le principe : pas de donnée personnelle mal traitée, pas d’IA mal traitée.

Définition GEO : le Generative Engine Optimization consiste à structurer contenu et données pour être cité par ChatGPT, Perplexity, Gemini et Google AI Overviews. Au Québec, cela passe par des sources .ca, un balisage conforme et une posture claire sur la conformité Loi 25 (les IA privilégient les acteurs juridiquement propres).

Quelles sont les limites juridiques de l’IA ?

Les limites juridiques actuelles interdisent à une IA d’utiliser des données personnelles à l’insu de l’utilisateur pour entraîner des modèles publics, sous peine de sanctions administratives et pénales. L’enquête conjointe des commissariats canadiens sur OpenAI (conclusions publiées en 2026) l’a confirmé : le moissonnage web (scraping) massif de contenus personnels sans base légale est un problème.

Autres lignes rouges concrètes : l’utilisation d’IA pour de la surveillance biométrique sans consentement, le profilage discriminatoire, et l’usage secondaire de données collectées pour un tout autre motif (un CRM devenu jeu d’entraînement du dernier LLM à la mode, par exemple).

Quelles sont vos obligations avant de déployer un outil IA ?

Avant tout déploiement, une entreprise doit accomplir cinq obligations : désigner un responsable RPRP, réaliser une EFVP quand elle est requise, encadrer le consentement, documenter la décision automatisée, et notifier tout incident de confidentialité à la CAI. C’est le socle non négociable.

  1. Cartographier les flux de données

    Lister chaque outil IA envisagé, les données qu’il ingère, celles qu’il produit, et le pays d’hébergement. Sans cette carte, aucune obligation n’est vérifiable.

  2. Réaliser l’EFVP quand elle est requise

    Obligatoire avant l’acquisition, le développement ou la refonte d’un système traitant des renseignements personnels sensibles, ou tout transfert hors Québec.

  3. Adapter le consentement

    Consentement manifeste, libre, éclairé, granulaire et donné à des fins spécifiques. Les bannières « accepter tout » globales ne suffisent plus.

  4. Publier la politique et l’info sur les décisions automatisées

    Politique de confidentialité accessible, mention explicite des traitements algorithmiques, coordonnées du responsable RPRP.

  5. Préparer la réponse aux incidents

    Registre d’incidents, procédure de notification à la CAI et aux personnes concernées en cas de « risque de préjudice sérieux ».

Réaliser une Évaluation des facteurs relatifs à la vie privée (EFVP)

L’EFVP est une analyse documentée qui identifie et atténue les risques qu’un projet fait peser sur la vie privée, avant sa mise en service. La CAI l’exige notamment pour tout projet d’acquisition, de développement ou de refonte de système d’information traitant des renseignements personnels, et pour tout transfert de ces données hors Québec.

EFVP L’évaluation des facteurs relatifs à la vie privée (EFVP) est une analyse préalable, obligatoire au Québec, qui documente les risques d’un projet impliquant des renseignements personnels et les mesures de mitigation retenues avant tout déploiement.
  • Description précise du système IA et des données traitées.
  • Finalité, base légale, durée de conservation.
  • Analyse des risques (fuite, réidentification, biais, décision erronée).
  • Mesures techniques et organisationnelles (chiffrement, anonymisation, contrôle d’accès).
  • Analyse du transfert hors Québec (équivalence de la protection, contrat).
  • Validation par le responsable RPRP et traçabilité de la décision.

Gérer le consentement explicite et la transparence

Le consentement Loi 25 doit être manifeste, libre, éclairé, donné à des fins spécifiques et pour chaque fin distincte. Un consentement au traitement marketing ne couvre pas l’entraînement d’un modèle IA sur ces mêmes données : ce sont deux finalités différentes, donc deux cases à cocher distinctes.

Avant (non conforme)

  • Bandeau « J’accepte » global qui couvre tout.
  • Politique de confidentialité de 3 000 mots illisibles.
  • Réutilisation des données CRM pour entraîner un chatbot maison.
  • Aucune mention des traitements automatisés.

Après (conforme)

  • Consentement granulaire par finalité (marketing, IA, personnalisation).
  • Résumé clair en tête de politique, sections détaillées ensuite.
  • Base légale distincte pour l’usage IA, consentement dédié.
  • Mention visible des décisions automatisées et du droit de révision.

Désigner un responsable de la protection des renseignements personnels

Toute entreprise québécoise doit désigner un responsable de la protection des renseignements personnels (RPRP) et publier ses coordonnées sur son site web. Par défaut, ce rôle revient à la personne ayant la plus haute autorité (le PDG), mais il peut être délégué par écrit à un cadre interne ou à un prestataire externe.

Un responsable RPRP dont les coordonnées ne sont pas trouvables en trois clics sur votre site : c’est la première non-conformité que la CAI relève quand elle enquête.

Outils IA marketing et site web : les points de vigilance

Les outils IA marketing (ChatGPT, Copilot, Jasper, plateformes de personnalisation, chatbots) exposent l’entreprise dès qu’un employé y injecte une donnée client sans passer par une version entreprise sécurisée. C’est aujourd’hui le premier vecteur de fuite au Québec, avant même les cyberattaques externes.

Graphique de conformité Loi 25 selon l'intégration d'outils IA en entreprise
Corrélation entre gouvernance IA et réduction du risque juridique Loi 25.

Faut-il auditer les solutions comme ChatGPT ou Copilot ?

Oui, chaque outil IA grand public doit être audité avant tout usage professionnel avec des données de clients québécois. L’enquête conjointe menée par le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada et ses homologues provinciaux (dont la CAI) sur OpenAI a documenté des pratiques de collecte insuffisamment encadrées, et abouti à des engagements de transparence de la part de l’éditeur.

  • Version consommateur ou entreprise ? La version consommateur peut réutiliser vos prompts pour l’entraînement.
  • Où sont hébergées les conversations et pendant combien de temps ?
  • Quels engagements contractuels sur la non-réutilisation des données ?
  • Y a-t-il une adresse de contact au Canada ou un représentant local ?
  • L’outil expose-t-il un journal d’audit exploitable en cas d’incident ?

Où sont hébergées vos données ?

La localisation des serveurs déclenche automatiquement une EFVP dès qu’un renseignement personnel sort du Québec. ChatGPT, Copilot, Claude, Gemini : tous hébergent aux États-Unis par défaut. Ce n’est pas interdit, mais ça vous oblige à documenter le transfert, évaluer l’équivalence de protection et l’inscrire au contrat.

56 %+14 ptsInternautes du Québec utilisant l’IA générative (ATN, NETendances 2025)
20 %+6 ptsEntreprises canadiennes ayant adopté l’IA (Statistique Canada, T2 2025)
97 %majoritairePME canadiennes qui voient un bénéfice IA (BDC)

Côté visibilité, cibler google.ca avec des contenus hébergés au Québec et référencés dans des sources locales (médias, annuaires, REQ) est un double atout : conformité renforcée et meilleure indexation par les IA qui géolocalisent les réponses. Pour un panorama plus large, voir notre analyse dédiée au référencement IA Québec.

Génération de contenu IA : droits et obligations

La génération de contenu par IA soulève deux questions au Québec : le droit d’auteur sur les œuvres produites, et la conformité linguistique au français canadien exigé par l’Office québécois de la langue française (OQLF). Les deux points doivent être traités en amont, avant la première publication.

Est-ce que les images générées par IA sont libres de droit ?

Non, une image générée par IA n’est pas automatiquement libre de droits. Au Canada, la Loi sur le droit d’auteur protège les œuvres humaines : une image purement générée par IA sans intervention créative humaine significative est difficilement protégeable, ce qui n’empêche pas des tiers de contester votre usage si le modèle s’est entraîné sur des œuvres protégées.

Est-il obligatoire de mentionner que les images sont générées par IA ?

Aucune loi fédérale ou québécoise n’oblige encore à étiqueter systématiquement les images générées par IA dans un usage commercial standard. Mais les lignes directrices gouvernementales québécoises et fédérales recommandent fortement la transparence pour éviter la tromperie du consommateur, et l’Union européenne l’imposera via l’AI Act (une norme qui influencera le marché canadien).

📝 Notre observation terrain : les marques québécoises qui documentent proactivement leur usage de l’IA (mention en pied de page, page dédiée « Notre usage de l’IA ») gagnent en crédibilité auprès des acheteurs B2B locaux. C’est un différenciateur silencieux mais mesuré.

Contenu IA et français canadien : l’angle mort

Un contenu généré par IA en français « de France » et publié sur un site .ca destiné au marché québécois expose à un double risque : perte d’affinité culturelle et non-conformité potentielle aux exigences linguistiques de l’OQLF pour les entreprises assujetties. Les termes « email » vs « courriel », « shopping » vs « magasinage », « spam » vs « pourriel » ne sont pas des détails.

« Sur les projets québécois qu’on accompagne, ce n’est pas le contenu IA qui pose problème, c’est le contenu IA non relu par un rédacteur ancré localement. Les LLM restituent un français neutre européen par défaut, et les IA de recherche ancrent leurs réponses sur des sources qui, elles, sont typées Québec. »

, Ulysse Berthelot, Co-Fondateur & Président de iaba

Comment choisir vos fournisseurs pour le marché québécois ?

Choisir un fournisseur d’outils IA pour le marché québécois se joue sur trois critères : sa capacité à documenter la conformité Loi 25, sa présence contractuelle au Canada, et sa maîtrise du contexte francophone canadien (linguistique et sources locales). Les trois se vérifient à l’appel d’offres, pas après le contrat.

Comparatif d'outils IA selon la conformité à la Loi 25 au Québec
Grille de critères pour comparer les fournisseurs IA sur la conformité Loi 25.
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Questions juridiques

Le fournisseur a-t-il une politique explicite Loi 25 ? Fournit-il un modèle d’EFVP applicable à son outil ? Signe-t-il une entente de traitement conforme ?

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Questions techniques

Où sont hébergées les données ? Existe-t-il une option d’hébergement canadien ? Comment sont gérés les journaux et la suppression sur demande ?

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Questions locales

Le fournisseur est-il inscrit au Registre des entreprises du Québec (REQ) ? A-t-il des références clients au Québec ? Parle-t-il français canadien ?

Pour comprendre ces enjeux spécifiques sans faire d’erreurs coûteuses, s’appuyer sur une vraie présence montréalaise change la donne. C’est tout l’avantage de faire appel à notre agence GEO basée à Montréal. Cette légitimité physique nous permet de maîtriser les subtilités du marché canadien francophone, du REQ à la CAI, en passant par les codes rédactionnels attendus par les acheteurs locaux et les sources que privilégient les IA quand elles répondent depuis le Canada.

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Les cinq questions à poser à tout fournisseur IA

  1. Où sont hébergées mes données ?

    Réponse attendue : localisation précise, avec option Canada si sensible.

  2. Utilisez-vous mes données pour entraîner vos modèles ?

    Réponse attendue : non par défaut sur offre entreprise, opt-in explicite sinon.

  3. Fournissez-vous une entente de traitement conforme Loi 25 ?

    Réponse attendue : oui, avec clauses spécifiques Québec, pas un simple DPA RGPD.

  4. Comment gérez-vous les demandes de suppression ?

    Réponse attendue : procédure documentée, délai contractuel, journal auditable.

  5. Quel est votre engagement en cas d’incident ?

    Réponse attendue : notification dans un délai compatible avec vos obligations à la CAI.

Un cas concret : un e-commerçant québécois et son chatbot IA

Un client du secteur e-commerce québécois, environ 40 employés, souhaitait déployer un chatbot IA pour son service client. Premier réflexe interne : brancher ChatGPT via API sur son historique de tickets. On a rappelé trois points : les tickets contenaient des données de commande nominatives, l’API standard OpenAI héberge hors Québec, et aucune EFVP n’avait été menée.

Résultat de la démarche : EFVP conduite en trois semaines, choix d’un fournisseur avec option d’hébergement canadien, réécriture du bandeau de consentement, et documentation de la décision automatisée dans la politique de confidentialité. Le chatbot est parti en production trois mois plus tard, sans risque juridique et avec un discours de conformité que le fondateur peut opposer sereinement à n’importe quel prospect B2B.

📌 Points clés à retenir

  • La Loi 25 s’applique dès qu’un outil IA touche à un renseignement personnel d’un citoyen québécois, siège au Québec ou pas.
  • L’EFVP est obligatoire avant tout déploiement sensible ou tout transfert hors Québec, pas après.
  • Le consentement doit être manifeste, libre, éclairé et granulaire par finalité : marketing ≠ entraînement IA.
  • Toute décision automatisée qui affecte une personne doit être signalée, avec droit d’obtenir les principaux paramètres.
  • Un responsable RPRP doit être désigné et joignable en trois clics sur votre site.
  • Auditer les outils IA grand public avant tout usage professionnel avec des données client (versions entreprise obligatoires).
  • Le choix d’un partenaire ayant une vraie présence canadienne (contractuelle et physique) réduit le risque et facilite les preuves de conformité.

À propos de l’auteur : Ulysse Berthelot

Ulysse Berthelot, Co-Fondateur et Président de iaba

Ulysse Berthelot est le co-fondateur et président de iaba, agence de Generative Engine Optimization (GEO) basée à Toulouse avec présence physique à Montréal. Architecte du Protocole GEO-4, il accompagne les entreprises françaises et québécoises sur la visibilité dans ChatGPT, Perplexity, Gemini et Google AI Overviews, en intégrant les contraintes locales (Loi 25, OQLF, sources canadiennes). Formé chez Oreegami (certification Google, RNCP niveau 6) et à l’ESG Business School Bordeaux.

Domaines d’expertise : GEO, AI Overviews, SEO sémantique, Knowledge Graph, Schema.org, JSON-LD, RAG, automatisation marketing.

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FAQ : Loi 25 et intelligence artificielle

Que dit la loi sur l’IA ?

Au Québec, aucune loi n’encadre l’IA en tant que technologie. Elle est régulée par la Loi 25 sur les renseignements personnels, qui impose transparence, consentement, EFVP et information sur les décisions automatisées. Au fédéral, la Loi sur l’intelligence artificielle et les données (LIAD, projet C-27) précisera le cadre applicable aux systèmes à incidence élevée.

Comment le règlement sur l’IA réglemente-t-il l’utilisation de l’IA ?

La Loi 25 réglemente l’IA par ricochet : dès qu’un système traite un renseignement personnel, l’entreprise doit obtenir un consentement explicite, informer la personne si une décision est prise de façon automatisée, lui accorder le droit d’en connaître les paramètres, et documenter le tout via une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée (EFVP).

Qui est concerné par la loi 25 ?

Toute entreprise qui collecte, utilise ou communique des renseignements personnels sur des résidents du Québec est concernée, quel que soit son pays d’origine. Une PME de Laval, un SaaS américain, un e-commerçant français vendant à Montréal : tous doivent se conformer à la Loi 25 dès le premier formulaire capté auprès d’un citoyen québécois.

Est-ce que les images générées par IA sont libres de droit ?

Non. Au Canada, le droit d’auteur protège les œuvres humaines : une image purement générée par IA est difficilement protégeable, mais elle n’est pas libre pour autant. L’entreprise reste exposée si le modèle s’est entraîné sur des œuvres protégées sans autorisation, un risque que plusieurs procédures en cours viendront préciser.

Est-il obligatoire de mentionner que les images sont générées par IA ?

Aucune loi québécoise ou canadienne n’impose aujourd’hui une mention systématique pour un usage commercial standard. La transparence est fortement recommandée par les lignes directrices gouvernementales pour éviter la tromperie du consommateur, et devient une bonne pratique de marché, notamment en B2B.

Quelles sont les limites juridiques de l’IA ?

Les principales limites juridiques interdisent l’usage de données personnelles à l’insu des personnes pour entraîner des modèles publics, la surveillance biométrique sans consentement, le profilage discriminatoire et l’usage secondaire de données collectées pour une autre finalité. Sanctions administratives jusqu’à 10 M$ CAD ou 2 % du CA mondial, pénales jusqu’à 25 M$ ou 4 %.

Les outils de moissonnage web (scraping) IA sont-ils légaux sous la Loi 25 ?

Le moissonnage web de données personnelles sans base légale claire est problématique au regard de la Loi 25. L’enquête conjointe canadienne sur OpenAI a explicitement pointé cette pratique. Une entreprise qui utilise ces techniques doit être en mesure de justifier la finalité, le consentement (ou une exception applicable) et documenter l’analyse dans une EFVP.

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